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Entre la haine et l'espoir d'un monde neuf



Avez-vous remarqué au combien dans notre société actuelle on semble basculer dans la polarisation, la peur de l’autre et même la haine ? Mais c’est quoi la haine ?

Le dictionnaire Larousse définit la haine comme le sentiment qui porte une personne à souhaiter ou à faire du mal à une autre, ou à se réjouir de tout ce qui lui arrive de fâcheux. C’est aussi une aversion profonde et la répulsion éprouvée par quelqu'un à l'égard de quelque chose. Mais, peut-on parler de haine aujourd’hui alors que nous vivons dans une ère si moderne et si évoluée ? Voyez toutes les découvertes en médecine, les avancées de la science, et de la technologie. Relier un océan à l’autre en bateau pendant plusieurs années nous semble tellement une période surannée. Il paraît même que désormais, on pourrait envisager de vivre prochainement dans l’espace…

Pourtant, malgré tout le déploiement du génie et de la créativité humaine aujourd’hui la haine semble tant omniprésente dans nos sociétés. On en vient presque systématiquement à se haïr les uns et les autres. Mais qui est justement l’autre ?

Est-ce celui qui essaye de franchir les frontières et de venir chez « nous » pour nous envahir, changer notre culture, nous imposer ses mœurs et coutumes ?

L’autre est-il le descendant de celui que nos ancêtres ont trouvé ici, mais qui semble souffrir de plusieurs maux sans pouvoir sortir de son mal-être ?

L’autre est-il celui dont la couleur est différente de la mienne ?

L’autre fait-il partie de cette minorité linguistique dont les efforts pour préserver sa langue semblent être des coups d’épée dans l’eau ?

L’autre, est-ce cette personne qui dans sa croyance se voile et qui semble s’enfermer dans un mystère ou une forme d’austérité indiquant son inadaptabilité voire son refus de s’intégrer ?

L’autre est-il celui qui semble être un « il », mais qui se bat tant bien que mal pour être accepté en tant qu’« elle », ou « iel » ?

L’autre, est-il celui qui supporte cet homme politique fou véhiculant des idées qui semblent tellement à l’opposé de ce qui est politiquement correct ?

L’autre, est-ce le woke radical qui s’insurge contre l’usage de certains mots en voulant déboulonner les statues ou est-il le détracteur du racisme systémique, de la cancel culture ou pourfendeur de la liberté académique ?

L’autre est-il celui qui milite passionnément pour préserver l’environnement et trouver des modes alternatifs de surconsommation, mais qui se ravitaille en fruits exotiques importés du bout du monde en hiver, ou est-ce celui qui préfère consommer la viande produite au détriment du bien-être animal ?

L’autre, est-ce celui qui milite pour la troisième dose vaccinale ou celui qui s’y oppose parce que la COVID-19 n’est qu’une émanation de la théorie du complot et une énième fake news ?

La liste pourrait continuer, car si on regarde autour de nous, tout semble évoluer dans une logique binaire flirtant dangereusement avec une forme de radicalisation et d’extrémisme. Notre acceptation de « l’autre » se fait à géométrie variable, on s’enferme dans des préjugés se repliant sous un vernis d’hypocrisie et de superficialité. Mais peut-on espérer qu’au-delà de la haine il existe autre chose ? Dans nos sociétés déchirées, au-delà de la haine, est-ce envisageable avec l’autre justement, de se (re)trouver pour (ré)écrire un contrat social nous permettant de (re)faire communauté ensemble ?


Au-delà de ce mur de la haine qui s’érige dans nos maisons, dans nos universités, dans nos cités et sociétés, il peut exister autre chose. Fermons nos yeux et visualisons pendant un instant une de plus grandes murailles qui n’ait jamais existé : imaginons à présent que ce mur se fissure sous la force des racines de la tolérance. Approchons-nous pour découvrir ce qui se cache à travers ce mur de la haine. Apercevez-vous comme moi ?


Cette aînée Inuk qui malgré un passé douloureux et des abus physiques vécus dans un pensionnat, a décidé de naviguer à travers cette période de détresse en racontant à la nouvelle génération son histoire. Sa résilience est le symbole de son refus de vivre dans l’amertume, son désir de liberté, mais aussi de fraternité alors que les pouvoirs publics s’engagent vigoureusement pour rebâtir les ponts à travers la promotion de l’apprentissage des langues et cultures autochtones.

J’ai aussi croisé cette jeune professeure d’université portant fièrement son hijab et contribuant par ses recherches à l’avancement des politiques publiques sur le droit des femmes et une meilleure égalité salariale au travail.

De l’autre côté, entendez-vous le bruit des échanges animés, mais non extrémistes entre ces deux camarades appartenant à deux mouvances politiques différentes ? Engagés dans un dialogue respectueux, ils sont capables de faire taire les aboiements pour (re)penser avec nuance au bien-être collectif.

J’aperçois aussi à l’horizon une dame âgée qui sort de son isolement grâce à des séances de lecture avec l’adolescente afghane arrivée avec sa famille il y a quelques mois au pays et qui est si fière de progresser dans l’apprentissage de la langue française.

Dans une école au loin, il y a une nouvelle formation visant à apprendre aux jeunes à détecter les comportements à caractère haineux, combattre la désinformation, le cyber harcèlement et pour promouvoir les valeurs citoyenneté ainsi que de respect. La ville n’est pas aussi en reste puisqu’à travers le programme : « une présence pour tous » par exemple, c’est toute la communauté qui est impliquée pour faire reculer les polarités et apprendre le respect des altérités. Il y aurait d’autres beaux exemples à explorer, mais vous pouvez continuer à avancer pour découvrir les trésors qui s’y cachent.


Dans cette société, il y a d’espoir, dans ce monde où ne s’opposent par systématiquement identité et multiculturalité et où nous pouvons coexister par des élans de solidarité qui trouvent leur socle dans notre Humanité. Au-delà de cette peur de l’autre, de la haine, nous pouvons vivre ensemble et voir sans discontinuité la beauté dans nos différences. Parce qu’au-delà de la haine se trouve vous, moi et notre Ubuntu : la voie par excellence pour un monde meilleur pour nous, pour nos enfants et pour les générations à venir.


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