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À l'arrivée des intras, bilan sur la première rentrée post-Covid


Après de longs mois passés derrière les écrans, les étudiants de l’Université de Montréal sont enfin de retour sur le campus. L’équipe de Pensées s’est tournée vers eux pour leur donner la parole sur cette rentrée inédite. À quelques jours des intras et après un mois et demi de cours, cap sur les ressentis des étudiants sur ce retour en présentiel.


Une bouffée d’oxygène !”. Tels sont les mots employés par Lucie, étudiante en troisième année du baccalauréat en études internationales. Pour elle, comme pour tant d’autres, ce retour en présentiel marque un semblant de retour à la normale. Jamais retrouver les couloirs, les bancs et les amphis de l’université n’avait été aussi satisfaisant. Cela faisait près d’un an et demi que les étudiants de l’Université de Montréal n'avaient plus eu accès aux services offerts par l’université. Mais au-delà des cours et des bibliothèques, c’est surtout le retour à une vie sociale active qui soulage les étudiants. En effet, l’isolement est l’une des caractéristiques du confinement qui a le plus touché les étudiants au cours de la pandémie. Ce retour sur le campus symbolise donc le retour à une socialisation quotidienne qui a cruellement manqué aux étudiants, notamment ceux vivant seuls ou vivant chez leurs parents.


Cependant, certains étudiants ne voient pas ce retour en présentiel comme une bouffée d’oxygène, mais davantage comme une bouffée d’angoisse. Se confronter à nouveau à l’exercice du présentiel, aux regards des autres ainsi qu’au stress des examens est extrêmement difficile pour certains étudiants. D’autres sont également assez nuancés sur ce retour en présentiel. Les cours à distance permettent à certains étudiants de passer davantage de temps avec leurs proches. C’est également le cas pour les étudiants vivant assez loin de l’université. Les cours à distance leur permettent de suivre leur cursus en évitant les temps de déplacement qui leur font souvent perdre un temps considérable.

Ce qui est certain, c’est que cette nouvelle page marque le début vers un retour progressif à la normale après une période très difficile pour toute la communauté étudiante.


La pandémie de Covid-19, de l’isolement à l’injustice


La pandémie de Covid-19 a impacté le Québec et notamment la région de l’île de Montréal de manière considérable. Le gouvernement de François Legault a décidé pour de longs mois d’appliquer des mesures strictes, contraignantes, allant du simple port du masque obligatoire dans les lieux publics à un confinement total. Ces mesures étaient-elles proportionnelles à la gravité de la situation ? Ce n’est pas à nous d’en décider. Ce qui est sûr, c’est que personne n’est sorti indemne de cet épisode de restrictions. Et qui dit restrictions, dit isolement. En effet, cette période de pandémie s’est caractérisée par un arrêt net de la vie sociale des étudiants qui pendant plus d’un an s’est résumée à des échanges SMS, des appels vidéos ou encore des réunions Zoom. Entre stress, adaptation et isolement, cette année a été particulièrement éprouvante : “Du stress car ma première année était complètement en ligne. Ça symbolise aussi la « vraie » expérience universitaire.” (Lina, étudiante en deuxième année du baccalauréat en science de la communication).


Chez certains étudiants, un sentiment d’injustice prédomine, avec notamment l’impression d’avoir perdu de précieuses années de leur vie étudiante pour une pandémie qui n'affecte pas forcément principalement les étudiants. Ce sentiment est légitime, entendable et permet de comprendre certaines réactions au cours de à pandémie. Il traduit également le mal-être de toute une génération.


Cependant, certains d’entre nous ont, pendant la pandémie, découvert un certain confort lié à la possible accommodation de leur rythme de vie en fonction de cette nouvelle routine qu’ils se devaient de s’instaurer. Une routine qui s’adapte à l’isolement, qui s’impose avec le confinement. Sport à la maison, conférences Zoom entre amis, lecture, dessin, et un tas d'autres activités semblent avoir aidé chacun de nous à traverser cette période que la plupart disent avoir finalement bien vécu, malgré les périodes de mou, où la motivation manquait.



Une pandémie et des dizaines de questions


Cette période a forcément laissé les étudiants avec de nombreuses questions. La première, et sûrement la plus importante, quid de notre avenir ? Entre examens en ligne, la notation succès-échec ou encore des interrogations concernant l’entrée dans un marché du travail durement frappé par la crise économique. Le retour en présentiel fait également naître de nombreuses questions chez les étudiants. Afin de donner une réponse chiffrée à ces questions, nous avons créé un petit sondage étant censé synthétiser les idées évoquées dans cet article. Un certain paradoxe est apparu au sein des résultats, il est le suivant : 66,67% de nos 30 répondants estiment que la transition à un enseignement virtuel qu’on a vécu donnait une perspective positive sur le télétravail, tandis que 68,97% affirment ensuite que le retour à une vie universitaire dite “normale” représente une possibilité d’épanouissement pour eux. Alors, le télétravail, est-ce une bonne chose ou pas ? Ce que nous déduisons de ces chiffres, c’est que la capacité d’adaptation de chacun nous a permis de maximiser les effets positifs de la période que l’on traversait en temps de Covid, et qu’on a découvert au télétravail des points positifs non-négligeables. Pour autant, lorsqu’Aristote explique que “l’Homme est un animal social”, il semble que le deuxième chiffre nous le démontre. Nous avons pu nous adapter à l'éloignement et à un nouveau rythme de vie qui nous était jusque là totalement étranger, en tirant de tout cela une expérience plutôt positive, mais pourtant lorsque nous avons de nouveau la possibilité de se sociabiliser, de rencontrer et d’échanger, 68,97% affirment que cela représente une possibilité d’épanouissement. Par ailleurs, lorsque qu’on a posé la question suivante : "Auriez-vous préféré que les cours se donnent encore en ligne”, nous avons quasiment obtenu un 50/50 : 46,67% ont voté oui, 50% ont voté non et 1 personne (3,33%) a voté sans avis. Les témoignages, bien que divergents, se rejoignent sur les mêmes points, notamment que les cours en ligne ont un certain côté pratique, mais sont pour la plupart du temps assez stérile en termes de connexions sociales : "L'arrivée à Montréal a été le début d’un nouveau chapitre et d'une nouvelle vie, à une nouvelle manière de penser et de réfléchir à laquelle j’ai été directement confrontée, tandis que ma vie éducative était mise entre parenthèses pendant l’année en distance, même si on était toujours en cours. L’apprentissage s’était effacé, la présence académique était moindre.” (Lina Driss, étudiante en deuxième année en science de la communication).


Cette période nous a tous appris, marquant un tournant dans la vie de chacun. Tout le monde est sorti grandi des changements qui ont eu lieu. Certains appréhendent la suite avec angoisse, d’autres avec excitation. Le monde n’évolue pas de manière linéaire, mais ne connaît aucun retour en arrière. C’est pourquoi il est possible d’affirmer que cette rentrée n’a ressemblé à aucune autre. Pour conclure, il ne nous reste qu’à vous souhaiter bonne chance pour vos examens ! You got this !


Crédits photo : Université de Montréal


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